La Bête

lundi 9 août 2010


Ça faisait un bon trois heures qu’on pêchait. Y faisait froid pour la fin juillet, environ dix-sept ou dix-huit degrés Celsius. Un bon vent soufflait de l’ouest et les rares et timides percées de soleil semblaient nous narguer de leur chaleur réconfortante. On avait travaillé plusieurs structures rocheuses qu’on pouvait apercevoir à l’œil nu. Trois gars, mon ami Terry, mon frère Simon et moi, un à la traîne et les deux autres au lancer. Selon nos sources, il y avait dans ce lac (le Lac Gagnon) de la ouananiche, de la truite mouchetée, du touladi et de l’achigan à petite bouche. Dépourvu d’échosondeur, on cherchait les achigans près du rivage avec l’espoir de capturer une truite ou deux par chance. Malheureusement, la chance n’était pas avec nous.

Fin d’avant-midi, bilan pauvre et moral sous la coque. Après trois petites bouches d’une demi livre, on a décidé d’aller au fond d’une baie épargnée par le vent question de se réchauffer et, tant qu’à y être, pourquoi pas effectuer quelques lancers, sait-on jamais. « J’en ai un ». Un achigan d’une livre nageait maintenant dans le vivier alors que notre motivation avait monté d’un cran (ou d’une demi livre!). Armés de nos leurres, on quadrillait littéralement la surface de l’eau devenue lisse avec le vent qui tombait. M’étant réchauffé et un peu las de projeter mon poisson-nageur dans toutes les directions, j’étais sur le point de proposer aux gars de changer de secteur quand Terry se tourna vers nous, l’air d’avoir vu Paul McCartney en personne.

-les gars, je viens de voir un estie de gros poisson qui suivait mon leurre!
-ah ouin!
-non mais vous comprenez pas, c’est le plus gros poisson que j’ai eu la chance de voir à date.
-ben voyons, fait mon frère, incrédule
-je te le dis, y faut continuer de lancer!

On a continué de lancer et après cinq minutes, Terry nous jubila l’avoir encore aperçue, cette bête dont l’espèce nous était encore inconnue. Le sifflement de nos fils fouettant l’air sans relâche faisait souffrir la baie d’acouphène alors que nos leurres allaient se déposer précisément au dessus des structures convoitées. Lors d’une récupération, je vis une ombre imposante s’approcher de mon devon et l’engouffrer paresseusement, faisant plier ma canne et siffler mon moulinet.

-Je l’ai! Je l’ai!

C’en ai suivit un court combat de cinq minutes jusqu’à ce que Terry puise ce monstre de lac, ce requin d’eau douce, c’était un brochet, quelle surprise! Après avoir enfilé une paire de gants (les dents et l’agressivité d’un brochet me font frissonner), à travers les cris de joie et l'excitation juvénile dont nous étions sous l'emprise, on a pris quelques photos, pesé la bête (10.2 lbs) puis j’ai remis ce carnassier dans son environnement après l’avoir soigneusement oxygéné selon les règles de l’art. Il est reparti, tranquille et dominant, me laissant avec un incroyable sentiment de fierté et de respect pour ce poisson qui nous avait procuré tant d’émotions fortes et que j’avais laissé vivre.


« Merci mon vieux! Va t-en et terrorise. T’es le king! »















jeudi 8 juillet 2010
Ils se guident et s’égarent dans la salive de leurs crocs. Sanglantes gencives postillonnant des mots doux et des sourires, mains écorchées qui caressent un nuage. J’ai ouïs dans un rêve au-delà de l’éther, des amants immortels, des étreintes de feu. J’ai vu dans la terre en dessous des promesses, une guerre contre peur de ne pas être Dieu.

Détacher le chien

mardi 29 juin 2010
Le guerrier? Ouin mais moi j’ai appris que dans mon cas, vaut mieux que je détache le chien de temps en temps sinon y pète sa chaîne pis y se sauve! Je pense que je deviens de plus en plus un guerrier en me donnant juste assez de lousse pour ne pas devenir fou.

Ok... mais juste avant que tu continue ce texte … je veux te dire que je t’aime mon gros pet !! hihi

Wow! Moi aussi je t’aime ma muse… Tu vois mec, ça pour moi, c’est le lousse absolu, c’est le plus grand champ du monde à travers lequel je peux courir et m’épanouir jusqu’à m’en écrouler dans les éblouissants cumulo-nimbus qui forme son sol, c’est la douceur et la lumière d’un cabernet-sauvignon de Californie qui m’évapore de son nez et me noie dans sa bouche et j’en hume presque la poussière des chauds chemins de gravelle qui sillonnent les champs de vignes et les caves.

Ouais mon vieux, je constate que ce n’est pas la consommation et l’ivresse comme tel qui freine mon épanouissement mais plutôt l’excès mal contrôlé (et attention, je ne prétends pas que mes excès soit contrôlés). Le fouet, ça ne marche pas avec moi. Ma réaction, c’est plutôt que je me rebelle contre moi-même et ça, c’est pas très joli. Ça ne gicle pas, ça s’étend sournoisement comme une épaisse flaque d’huile qui englue tout le monde autour.

Mais je sais que…en fait je pense que toi, t’es pas du genre renforcement négatif, t’es pas du genre fouet. Moi tu vois, par habitude, je me puni et ensuite, je me récompense de m’avoir puni et ça, ça fuck man. Faque, tu sais, j’essaye de me foutre la face dans tout ce qu’il y a de beau et joyeux, dans tout ce qu’il y a de doux et soyeux, gros de chair et blancs de rond.

Est-ce que la vie est belle?

jeudi 3 juin 2010
Est-ce que la vie est belle bébé?

On brasse des dés pis on les lance dans le ciel pis là j'ai perdu j'ai perdu gros j'ai gâché j'ai lâché j'ai perdu pied perdu dans le désert de mes maladresses j'ai vu mon ange et mon démon marque de phalange sur mon front mon ton son autre est un peu dérangeant y me tape sur les nerds me colle à la peau égaré et nerveux comme un chien qui flotte sur l'eau s'évader dans l'enfant-bête révéler la fausse fête des mensonges et des regrets flagelés veux retrouver le soleil et faire de la place à mon autre oeil...

...je sais pas trop, je vais me référer à la première règle.

Les deux règles d'un moine bouddhiste

Première règle:

La vie est belle.

Deuxième règle:

Si tu ne trouve plus la vie belle, réfère-toi à la première règle.
 

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